En 1916, il découvrit la peinture contemporaine lors d'une visite de famille, à Cadaqués, où il connut la famille du peintre impressionniste Ramón Pichot[16], un artiste local qui voyageait régulièrement à Paris, capitale de l'art de l'époque[8]. Dalí fut pourtant un peintre méticuleux et acharné, concevant longuement ses toiles et les réalisant avec un soin qu'il voulait proche de ses maîtres classiques, Raphaël ou Vermeer. Durant son enfance, Dalí se lia d'amitié avec de futurs joueurs du F.C. J'étais très content du résultat mais le lendemain, ils avaient tout changé. ». Salvador Dali (1904-1989) L’art pictural de Dalí fut une sublimation de sa propre vie. Il considérait qu'il était le plus grand peintre du XXe siècle, c’est-à-dire un artiste classique ayant eu la malchance de tomber dans une basse époque de son art. À ce titre, la toile Poésie d'Amérique, fut visionnaire[68]. Dalí mourait d'envie d'aller voir les États-Unis. Il se laissa facilement convaincre par Caresse Crosby, une riche Américaine, d'entreprendre le voyage[60]. Faisant le parallèle avec les théories de Lacan, il conclut que le phénomène paranoïaque est de type pseudo-hallucinatoire[129]. L'autre est gris et penché en avant. En 1927, probablement en début d'année[31], Dalí visita Paris pour la première fois, muni de deux lettres de recommandation destinées à Max Jacob et à André Breton[32]. Ses toiles Construction molle aux haricots bouillis (également connue sous le nom de Prémonition de la guerre civile) et La Girafe en feu furent les plus représentatives de cette période, qui vit l'invention de ces monstres[62]. Née sous le nom d'Elena Ivanovna Diakonova, c'était une migrante russe[16] dont Dalí tomba amoureux, et qui fut séduite par cet homme de dix ans plus jeune qu'elle. Il écrivit également un roman publié en 1944, sur un salon de mode pour automobiles, qui inspira une caricature d'Erdwin Cox pour The Miami Herald, où Dalí porte une automobile comme costume de fête[72]. C'est une huile sur toile surréaliste de 90 × 119,5 cm conservée à Bruxelles au Musée Royal des Beaux-Arts. Il absorbait les influences de divers courants artistiques, depuis l'académisme et le classicisme, jusqu'aux avant-gardes[39]. Avant sa rencontre avec le surréalisme, alors qu'il était encore à Cadaqués[44], Dalí commença à réaliser avec une aisance « diabolique dans toutes les techniques[44] », des « photographies en trompe-l'œil[44] », comme lui-même les nomma, anticipant de plus de 25 ans les hyperréalistes américains[44]. Sa première image double fut L'Homme invisible (1929) et il conserva cette approche durant l'essentiel de sa carrière[44]. En Allemagne, le musée Dalí sur la place Leipzig à Berlin réunit plus de 400 œuvres de l'artiste catalan. Gala et lui passèrent les années 1930 à 1932 à Paris. Il est probable que chacun des jeunes hommes trouva en l'autre une passion de découverte esthétique correspondant à ses propres désirs[27]. C'est, selon Jean-Louis Ferrier, une toile où « un gigantesque corps humain se déchire lui-même, s'écartèle, s'étrangle, grimace de douleur et de folie[176] ». Entre 1969 et 1979, Salvador Dalí réalisa une collection de 44 statues de bronze, tirée à 4 exemplaires : Collection Clot de Dalí. Trouvant en Heisenberg son nouveau père[130], et avec une logique toujours irréfutable[130], il affirma que ce que les physiciens produisent, les peintres, qui sont déjà spécialistes des anges, peuvent le peindre[130]. ». En 1973, il déclara réaliser « des photographies en couleur à la main d'images superfines extra-picturales de l'irrationalité concrète[44] ». Discover (and save!) Il expliqua que « La Dentellière atteint un maximum de dynamisme biologique grâce aux courbes logarithmiques des cornes de rhinocéros[36] ». Son œuvre fut désormais remplie d'allusions personnelles, souvent cryptées et oniriques[46],[27], qu'il réutilisa à son gré, comme la figure obsédante du Grand Masturbateur, qu'il utilisa de nombreuses fois en 1929 (Portrait de Paul Éluard et Le Grand Masturbateur). À New-York, il peint son Autoportrait mou avec du lard grillé. Le Christ de saint Jean de la Croix est une des plus célèbres toiles du peintre. Les peintures de cette période furent inspirées par les souvenirs de la Catalogne par leurs couleurs et leurs espaces, dans lesquels le peintre représenta des sujets d'Amérique. Mais la baignoire a tapé contre la vitrine et l'a cassée. Autoportrait cubiste est le titre donné par Salvador Dalí à un tableau réalisé en 1923.C'est une gouache et collage sur carton de 104x75cm. Merci aussi pour le gracieux envoi des actes de colloque organisé dans son musée de Floride, sans aucun doute les plus riches que j’ai lus sur le sujet Dalí. Il resta très attentif à toutes les évolutions de la peinture post-surréaliste, y compris les formes qui en étaient totalement détachées[82]. L'année suivante, en 1919, alors qu'il était en terminale à l'institut Ramón Muntaner, il édita avec plusieurs de ses amis une revue mensuelle, Studium, qui présentait des illustrations, des textes poétiques et une série d'articles sur des peintres comme Goya, Velázquez et Léonard de Vinci[18]. En 1936, Marcel Duchamp et Salvador Dalí collaborèrent pour réaliser la Vénus de Milo aux tiroirs. Le travail est presque toujours très minutieux, ce qui lui donne l'aspect rassurant de l'académisme[123], avec des dessins préparatoires très soignés et une exécution méticuleuse, souvent à la loupe[121]. Publicité LANVIN avec Salvador Dalí France, 1968, vidéo, 15 secondes, coul. Il collabora en 1927 avec Federico García Lorca pour la pièce Marina Pineda et écrivit le livret de Bacchanale, inspiré du Tannhäuser de Richard Wagner. Gala mourut le 10 juin 1982, à 87 ans. Dalí se peint lui-même habillé en ouvrier et veut témoigner d’une attitude rebelle et provocatrice : un morceau découpé du quotidien communiste L’Humanité paraît certifier son admiration déclarée pour l’idée de révolution et situe l’artiste à un moment historique et idéologique précis. C'était son plus grand projet. J'ai demandé pourquoi et ils m'ont dit que trop de gens regardaient les vitrines — un succès excessif, typique de moi — et qu'ils avaient du tout remettre comme avant. Ce fut la première œuvre de Dalí exposée hors d'Espagne, lors de l'exposition internationale au Carnegie Institute de Pittsburgh de 1928[167]. Les Trissotin de l'intelligentsia occidentale et les bourgeois à leur suite faisaient la loi, c'est-à-dire l'opinion. Il travailla avec des photographes comme Man Ray, Brassaï, Cecil Beaton et Philippe Halsman. Coédition avec La Bibliothèque des arts, Paris. L’huile date de 1923, même si le collage du morceau de journal intégré au carton date du 24 juillet 1928. Au moment de partir il m'a dit : “Vous aimez ma chemise ?” Oui. Ses personnages furent représentés dans un grand nombre de ses toiles, depuis Monument impérial à la femme-enfant, Gala – Fantaisie utopique (1929) jusqu'à La Gare de Perpignan, en 1965. Ils relèvent les paroles du peintre : « Je n'avais pas l'âme et la fibre historique. Il détruisit à cette occasion, en 1939, une œuvre qu'il avait créée et qui avait été modifiée sans son accord dans un magasin de la Cinquième Avenue[62],[note 9]. La toile mesure 61 × 51 cm Sur un socle en pierre gravé en style romain « soft self portrait », repose une forme de tête … Ses toiles holographiques les plus connues datent de 1972. Il inaugure également la première et la plus grande galerie d'art d'Espagne de l'époque, Sala Gaudí Barcelone, avec d'autres célébrités comme Gabriel García Márquez[106]. Semant la confusion chez les critiques, il laissait aux médias grand public le soin d'analyser ses moustaches et de se concentrer sur quelques-unes de ses toiles, telles le Christ de saint Jean de la Croix[82]. Il reçut une ultime visite du roi d'Espagne, le 5 décembre 1988[111]. Ces lithographies étaient imprimées sur des feuilles déjà pré-signées par Dali.[réf. Dalí chercha toute sa vie à se confronter à lui, seul artiste contemporain auquel il reconnaissait un génie au moins égal au sien[117]. Ce fut dans cette optique que fut réalisé 1930 le second film, L'Âge d'or. Le peintre raconte dans Vie secrète de Salvador Dalí comment, en 1934, lors de la proclamation de la république catalane, Gala et lui avaient fui Barcelone pour Paris, entre barrages d'anarchistes et déclaration d'indépendance de la Catalogne[174]. Dalí s'était alors rapproché du cinéma et réalisa cette œuvre lors d'un concours organisé pour une adaptation cinématographique du roman de Guy de Maupassant, Bel-Ami[177]. Ils ont dit que j'avais déjà été payé. Il a les cheveux courts — au contraire des représentations classiques — et est dans une position relaxée. Il fut reçu en audience privée le 23 novembre 1949 par le pape Pie XII. Amanda Lear prit des cours de peinture auprès de Dalí. De retour en Catalogne, Dalí et Gala quittèrent Portlligat en 1936 pour fuir la guerre civile espagnole et voyagèrent en Europe. Au moment de partir il m'a dit : “Vous aimez ma chemise ?” Oui. Cette dernière photographie fut réalisée au-dessus d'une enseigne de la Banque de France, entouré de billets à son effigie. Artiste expérimenté, Dalí ne se confinait pas à la peinture. Il agaçait le groupe en étudiant systématiquement Hitler et « la croix gammée vieille comme le soleil chinois, [qui] réclame l'honneur de l'objet[58] ». Si les divergences politiques éloignaient peu à peu André Breton et Louis Aragon, celles provoquées par Dalí furent sans commune mesure. Cette scène aurait fait naître en lui le désir de prouver son unicité dans le monde, le sentiment d'être la copie de son frère, ainsi qu'une crainte du tombeau de son frère. S'il se considérait comme le meilleur dessinateur de son époque, il reconnaissait que ses dessins « ne valent à peu près rien » face aux grands maîtres de la Renaissance[118]. Accusé à tort de diriger un mouvement d'agitation en Catalogne, il fut expulsé en 1923 de l’académie et emprisonné du 21 mai au 11 juin. Dalí fut par la suite expulsé de l'Académie en octobre 1926, peu avant ses examens finaux, pour avoir affirmé que personne n'était en condition de l'examiner[30],[25]. Durant ces années, Dalí réalisa des illustrations pour des éditions anglophones de classiques tels que Don Quichotte, l'autobiographie de Benvenuto Cellini et les Essais de Michel de Montaigne. Le personnage reste controversé parmi les critiques d'arts et les historiens. La même galerie exposa, fin 1926, d'autres œuvres de Dalí et, notamment La Corbeille de pain, peinte durant l'année. Si ses professeurs étaient ouverts à la nouveauté[21], ils se trouvaient en retard sur l'élève : ils adaptaient l'impressionnisme français aux thèmes hispaniques, approche que Dalí avait dépassé l'année précédente[20],[21]. Avec ce dernier, il créa la fameuse série Dalí Atomicus. Pendant les années 1950, il produisit L'Aventure prodigieuse de la Dentellière et du rhinocéros, réalisé par Robert Descharnes, où s'associaient des images et des objets par la courbe logarithmique et le nombre d'or. Picasso resta une référence constante pour Dalí, admiré et rival[36]. Narcisse se frappa de désespoir et, une fois l'eau redevenue calme, il contempla son reflet meurtri. En 1969, il peignit ses premiers plafonds et il se concentra, à partir de l'année suivante, sur des images stéréoscopiques. « Je pense à la mort, surtout quand je mange des sardines en boîte… ». 1981. D'après Ovide, après une rencontre avec la nymphe Écho, qui ne put le séduire, Narcisse, fils de la nymphe Liriopé et du fleuve Céphise, fut contraint par Némésis, la déesse de la vengeance, à boire une eau limpide. Il fut arrêté et emprisonné pendant quelques semaines à Girone pour agitation révolutionnaire[36]. C'était une publication du poème en catalan Les Bruixes de Llers (Les Sorcières de Llers) d'un de ses amis de la résidence, le poète Carles Fages de Climent. Pour Robert Descharnes, Dalí se rapprochait avant tout de la tradition monarchiste espagnole qui complétait d'autres aspects de son virage traditionaliste vers le catholicisme romain et la peinture de la Renaissance. « fut marqué par trois visites importantes, « sur le pas de la porte, nous échangeâmes un regard qui disait : “Compris ? À cette époque, Salvador Dalí et Gala commencèrent à se séparer. Il provoqua en 1934 la colère des surréalistes en représentant Guillaume Tell sous les traits de Lénine, ce qu'André Breton considéra comme un « acte anti-révolutionnaire[36] ». « Alchimie des peurs et des désirs, La Tentation de saint Antoine opère une subtile synthèse entre la peinture classique et le sens aigu de la spiritualité de son auteur. L'ensemble est soutenu par un pied coupé et morbide et une table de chevet minuscule, tous deux posés entre des haricots bouillis disséminés sur le sol. À la fin de sa vie, il se permit d'être plus critique sur la peinture de Picasso : « Picasso refuse la légitimité ; il ne prend pas la peine de corriger, et ses tableaux ont de plus en plus de jambes, tous ses hâtifs repentirs sortent avec le temps ; il s'est fié au hasard ; le hasard se venge[38]. Au cours des années 1980, le couple légua les œuvres à la ville de St. Petersburg en Floride, qui ouvrit un nouveau Salvador Dali Museum en 1982. Ensuite viennent les richesses. S'il n'en accepta que certaines[68], elles lui permirent d'amasser une solide fortune[68], qui inspira à Breton l'anagramme féroce « Salvador Dalí — Avida Dollars[68] ». D'après le récit qu'en fit Conroy Maddox[65], Freud âgé confia à Zweig en cette occasion à propos de Dalí : « Je n'ai jamais vu un spécimen d'Espagnol plus parfait ; quel fanatique ! Cependant, la conversion du peintre au surréalisme date de 1929. Il y exposait que « le surréalisme aura servi au moins pour donner des preuves expérimentales de la totale stérilité des essais pour automatiser [l'art. Dalí eut également une sœur, Ana Maria, de quatre ans plus jeune que lui[14]. Celle-ci est surmontée des trompettes de la renommée. Dalí avait lui-même donné un autre titre à son autoportrait mou : « autoportrait anti-psychologique ; au lieu de peindre l’âme, ou l’intérieur, peindre uniquement l’extérieur, l’enveloppe, le gant de mon ‘moi’. Adolescent, Dalí « penchait vers l'anarcho-syndicalisme radical[141] », suivit avec passion la révolution russe et la progression de l'Armée rouge de Trotsky et se définit à l'époque lui-même comme socialiste[141]. Lors de son enterrement, « on ne trouve à sa place qu'une fleur jaune, couronnée de feuilles blanches au milieu de sa tige[168] ». Son cuir est orné d'une impression de type Toile Dalígram, utilisant les caractères de l'alphabet amoureux[154]. Barcelone, comme Emilio Sagi-Barba ou Josep Samitier. La toile fut réalisée en 1946 à New York[177] et est représentative de cette période où le surréalisme laissa peu à peu place à la religion[177]. Les bras forment un angle et se prolongent en une sorte de jambe reliée à un bassin. L'abandon du « Dalí de la psychanalyse[75] » pour le « Dalí de la physique nucléaire[75] » ne lui permit pas d'effectuer immédiatement son rapprochement vers le catholicisme[75]. En 1930, ne pouvant s'installer à Cadaqués en raison de l'hostilité paternelle, Dalí et Gala achetèrent une minuscule maison de pêcheur à quelques centaines de mètres de Cadaqués, au bord de la mer, dans la petite crique de Portlligat[16]. La notion de « double » fut centrale chez Dalí[125], tant dans sa peinture que dans sa vie[125]. Il publia de nombreux textes qui exposent ses idées, sa conception de la peinture et donnent des éléments biographiques permettant de comprendre la genèse de certains de ses tableaux. Alors qu'il avait cinq ans, ses parents l’emmenèrent sur la tombe de son frère[6],[7] et lui dirent — selon ce qu'il rapporta[8] — qu'il en était la réincarnation. Poussé à choisir entre Hitler et Staline « par la hyène de l'opinion publique[183] », il choisit de rester lui-même[183]. Dalí réalisa ses premiers bijoux après la Seconde Guerre mondiale à New York : The Eye of Time (1949), Ruby Lips (1950), The Royal Heart (1953). En bas, anarchie grouillante et super gélatineuse, hétérogénéité visqueuse, diversité ornementale des ignominieuses structures molles, comprimées et rendant le dernier jus de leurs ultimes formes de réactions[185]. Écrits dans un style très personnel, les deux textes autobiographiques les plus célèbres de Dalí restent La Vie secrète de Salvador Dalí[ouvrages 2], qui donne des éléments biographiques sur son enfance, ses relations problématiques avec son père et la conviction acquise dès l'enfance qu'il était un génie, et le Journal d'un génie[ouvrages 3], qui traite des années 1952 à 1963. L'œuf au plat sans le plat revient régulièrement dans son œuvre. Cette région, l'Empordà, avec le port de Cadaqués, servit de « toile de fond, de portant et de rideau de scène[4] » à son œuvre. Il voua aussi toute sa vie une admiration sans borne à Diego Vélasquez[120], et Vermeer fut un autre phare, dont il chercha longuement à imiter la technique — y parvenant parfois[121]. Il ajouta qu'au moment de se quitter, « sur le pas de la porte, nous échangeâmes un regard qui disait : “Compris ? L'alphabet amoureux est né de la passion de Dalí pour les arts graphiques et pour sa muse Gala. À la différence des représentations classiques, le Christ n'est pas blessé, n'est pas cloué sur la croix, n'a pas d'entaille, très peu de sang et ne possède aucun des attributs classiques de la crucifixion — clous, couronne d'épines, etc. Plusieurs animaux prennent pour lui un caractère morbide. Il était altier mais amusant, ne se prenait pas au sérieux », « Je n'avais pas l'âme et la fibre historique. Outre la symbolique propre à l'auteur, l'allure générale est celle de ces rochers que Dalí connaissait bien[50].